Posté le: Mar Juil 24, 2007 9:19 am Sujet du message:
J'aime bien Jules Michelet (non pour sa rigueur historiographique qui est, somme toute, celle de son temps, mais pour sa manière de méler lyrisme et histoire), Grégoire de Tours (et en général tous les historiens du Haut Moyen-âge, à l'instar d'Eginhard, Nithard), et aussi Polybe.
C'est pour le plaisir de lire, mais sinon, j'ai bien appréciée François Furet. _________________ Liberta Modifica
Posté le: Jeu Aoû 28, 2008 9:53 pm Sujet du message:
Jules Michelet, parce qu'il sait faire revivre l'histoire devant vos yeux, quitte pour cela à imaginer des détails : une atmosphère, un geste, la couleur d'un cheval, un son...
Voici un morceau choisi : Charles le Téméraire le jour de la bataille où il trouva la mort devant Nancy le 5 janvier 1477.
Citation:
Le lendemain, par une grosse neige, le duc quitta son camp en silence et s'en alla au-devant, comptant fermer la route avec son artillerie. Il n'avait pas lui-même beaucoup d'espérance ; comme il mettait son casque, le cimier tomba de lui-même : "Hoc est signum Dei" dit-il. Et il monta sur son grand cheval noir.
Les Bourguignons trouvèrent d'abord un ruisseau grossi par les neiges fondantes; il fallut y entrer, puis tout gelés se mettre en ligne et attendre les Suisses. Ceux-ci, gais et garnis de chaude soupe, largement arrosée de vin, arrivaient de Saint-Nicolas. Peu avant la rencontre, «un Suisse passa prestement une étole,» leur montra une hostie, et leur dit que, quoi qu'il arrivât, ils étaient tous sauvés. Ces masses étaient tellement nombreuses, épaisses, que, tout en faisant front aux Bourguignons et les occupant tout entiers, il fut aisé de détacher derrière un corps pour tourner leur flanc, comme à Morat, et pour s'emparer des hauteurs qui les dominaient. Un des vainqueurs avoue lui-même que les canons du duc eurent à peine le temps de tirer un coup. Se voyant pris en flanc, les piétons lâchèrent pied. Il n'y avait pas à songer à les retenir. Ils entendaient là-haut le cor mugissant d'Underwald, l'aigre cornet d'Uri.
Leur cœur en fut glacé : « car, à Morat, l'avoient entendu. »
La cavalerie toute seule, devant cette masse de vingt mille hommes, était imperceptible sur la plaine de neige. La neige était glissante, les cavaliers tombaient...
_________________ L'histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout. (P. Valéry)
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Posté le: Jeu Aoû 28, 2008 10:08 pm Sujet du message:
Je pense, pour ma part ne pas avoir d'historiens favoris ; je suis plutôt guidée (nous faisons, sans doute tous ainsi) par les écrivains relatant l'histoire un peu, comme je l'écrirais ! Mais n'étant pas savante dans ce domaine, je lisais l'histoire toujours à patir de dame philosophie.
Cette dernière m'amenait à creuser, telle ou telle époque (la société d'alors, les religions d'alors, les transformations générales à travers le monde, à des moments précis)..
Autrefois un grand vulgarisateur de l'histoire, fût Alain DECAUD.. J'ai encore sa voix dans l'oreille. Sa cadence, ses soubressauts interrogatifs, etc... _________________ Ouvre un livre, il t'ouvrira - Prov.Chinois -
Posté le: Dim Sep 28, 2008 4:43 pm Sujet du message:
Prosodie a écrit:
Autrefois un grand vulgarisateur de l'histoire, fût Alain DECAUD.. J'ai encore sa voix dans l'oreille. Sa cadence, ses soubressauts interrogatifs, etc...
Ce cher Alain Decaux !
Son "one man show" de l'émission "Alain Decaux raconte", à la télévision pendant les années 1970-80 : un régal !
Il y avait aussi, autour de 1968, un autre historien, anticonformiste celui-là (peut-être un "anti-Decaux"?), qui excellait dans l'art de briser les images d'Epinal. Je me souviens notamment d'une émission où Bonaparte en prenait pour son grade. Cet historien s'appelait Henri Guillemin. Quelqu'un le connaît-il ?
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Posté le: Dim Sep 28, 2008 4:58 pm Sujet du message:
Merveilleux paradoxe que ces deux hommes, tout aussi férus d'histoire que de charisme personnels.
Ils ont imprimé ma conscience, et c'est cela l'important. L'histoire pour moi, curisuement a une voix ponctuée, lente, explicative, un geste aujourd'hui sans nul doute dépassé, du Maître... Cela entraînait au respect... C'était et demeure délicieux.
Cela dit, il faut que je convienne que j'ai toujours aimé m'instruire. Il n'en va pas ainsi pour tout le monde. Chacun ses saveurs, chacun ses batailles.
Henri Guillemin m'a toujours fait pensé à Yves Saint-Laurent curieusement. Cette tristesse un peu agressive d'un visage tourmenté ! _________________ Ouvre un livre, il t'ouvrira - Prov.Chinois -
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Posté le: Jeu Oct 02, 2008 12:47 am Sujet du message:
Passionné d'égyptologie je dirais Mme Desroches-Noblecourt
- elle a contribué au sauvetage d'Abous Simbel
- elle a ramené Ramsès II en France pour le "rajeunir"
Posté le: Dim Oct 12, 2008 6:20 pm Sujet du message:
alcibiade a écrit:
j'aime bien Renan et Voltaire.
Plus Renan, que Voltaire (ce dernier un peu trop galvaudé et repris, tel un frère que l'on aurait toujours connu, reconnu..) grand penseur, pas aussi courageux dans l'action qu'il le prétendait avec sa fameuse phrase reprise en antienne ! <enfin ce n'est qu'un recul, une prise de distance, après avoir étudié, ce que l'on écrivit et dit de lui>.. Lui a laissé des traces "voltairement durables"... Renan c'est plus discret mais non moins documenté. _________________ Ouvre un livre, il t'ouvrira - Prov.Chinois -